“El Guadamores” bat les thuniens à la bataille finale de Gebrück, les obligeant à abandonner leur dernier territoire et à repartir sur les plateaux des Grandes Terres. Cette bataille marque la fin des grandes campagnes militaires thuaniennes et scelle définitivement les rapports entre ces trois peuples.
Lors de la bataille de Gebrück, une mésentente entre les Mac Blied et les Mac Ewans réduit à néant leur efficacité et le brillant stratède qu’était “El Guadamores” profita de ce léger flou de coordination pour porter un coup fatal. Ce fut un véritable massacre, la cavalerie lourde leidberg chargea les rangs des archers et l’infanterie légère, très supérieure en nombre profita du malentendu pour affronter les thuaniens par petits groupes.
Dès que la victoire fut évidente, “El Guadamores” demanda le retrait de ses troupes, désireux d’éviter un carnage inutile. Les armées dallam amra, arrivée juste avant la fin du combat fit comme à son habitude et pris le contrôle du champ de bataille, empêchant les thuaniens de venir récupérer leurs corps. Si ces derniers voulaient les enterrer ou les brûler, il fallait acheter les corps des proches aux dallam amra.
Ignorant ce qui se passait, “El Guadamores” invita comme à l’accoutumée les chefs militaires qu’il avait précédemment vaincu. Ceux ci acceptèrent car ils avaient du respect pour lui et qu’il acceptait de partager son repas avec des thuaniens armés. Au cours du repas, Erwan Arindell, un des généraux thuaniens dont les hommes s’étaient particulièrement bien battu se montra maussade plus que de raisons. “El Guadamores” lui demanda tactement si son humeur était du à la défaite. Erwan lui répondit qu’il avait honte, non pas de la défaite, mais du fait qu’il n’avait pas assez d’argent pour racheter aux dallam amra les corps de ses hommes tombés au combat.
Furieux et outré d’apprendre cette pratique, “El Guadamores” alla sur le champ trouver le monarque dallam amra qui commandait l’armée de “détrousseurs”, se faisant accompagner par les thuaniens qui avaient partager son repas.
Il distribua aux soldats dallam amra des centaines de pièces d’or devant le monarque fou de rage. Une fois la distribution terminée, il arrangua les hommes massés devant lui et leur dit que chaque pièce qu’ils tenaient dans les mains représentait l’âme d’un homme mort le matin même. Aucun des soldats ne garda sa pièce, la jetant en un tas qu’ils appelaient l’or de la mort. Le roi dallam amra, humilié et furieux repartit avec ses troupes dans la nuit. Les thuaniens purent récupérer leurs morts et les enterrer.
De ce jour, les thuaniens respectent les leidbergs pour leur honneur et leur droiture et méprisent les dallam amra.
L’histoire commune et la proximité entre les leidbergs et les dallam amra façonnera bien des façons de penser.
“El Guadamores” accepte de quitter les royaumes dallam amra moyennant finances, il vent aux rois leurs propres routes commerciales et s’assure ainsi une rente à vie. Il s’installe dans le royaume dallam amra d’Egfer, non loin de la cité-mère de Kosse.
Rodrigue-Juan-Esteban Passalito, le fils “d’El Guadamores” reprend le royaume d’Egfer aux dallam amra. Les batailles sont rares car le royaume est déjà composé d’une majorité de leidbergs, très favorables au jeune Passalito. La cité-mère de Kosse est isolée et Rodrigue-Juan-Esteban est couronné premier roi de Lorobia.
En ce début d’année 3410, une épidémie de Mal Blanc éclata dans la septième couronne de la cité-mère de Kosse, dans les royaumes leidbergs (anciennement Royaume Egfer). Avant que les couronnes aient pu circonscrire l’épidémie, elles furent toutes contaminées. Isolée depuis près d’un an, puisque le général Rodrigue-Juan-Esteban Passalito, le fils “d’El Guadamores“, premier roi tout juste couronné du royaume de Lorobia vient de couper les routes commerciales aux dallam amra, la cité refuse de demander de l’aide aux leidbergs.
Averti après plusieurs semaines, le roi Passalito proposera tout de suite une trêve et enverra plusieurs centaines de médecins et soignants divers. Tous mourront et le roi Passalito prendra la terrible décision de bruler la ville entière plutôt que de risquer la propagation de l’épidémie. La cité brûla pendant plus de vingt jours et les dallam amra, tenu tardivement au courant de la situation, ont toujours considéré cet acte comme un massacre inutile et barbare. Cet épisode scella définitivement les rapports entre ces deux peuples et il existent encore une rancune tenace à ce propos.